ykko.

Façonner l'identité visuelle de demain

Actualité

Gamma : comment l'IA redéfinit la conception visuelle et l'identité de marque

un client me tend son premier « deck de marque » généré en quelques clics, je vois souvent la même chose: une promesse visuelle qui s'arrête à la surface — et c'est exactement le territoire que…

mis à jour 01 septembre 2026

Gamma : comment l'IA redéfinit la conception visuelle et l'identité de marque

un client me tend son premier « deck de marque » généré en quelques clics, je vois souvent la même chose: une promesse visuelle qui s'arrête à la surface — et c'est exactement le territoire que revendique Gamma, dont le cofondateur Grant Lee vient de détailler les ambitions au Journal du Net.

Spécialiste de la présentation assistée par IA générative, l'outil revendique plus de 100 millions d'utilisateurs et dépasse désormais les 100 millions de dollars d'ARR annoncés fin 2025. Plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs payants s'y retrouvent déjà — auto-entrepreneurs, freelances, agences et cabinets de conseil — aux côtés d'équipes produit qui en font un usage interne.

Une croissance pensée comme un produit visuel

L'anecdote que raconte Lee est savoureuse: un investisseur leur aurait dit, au départ, que Gamma était « la pire idée qu'il ait jamais entendue », tant le marché semblait verrouillé par PowerPoint et Google Slides. Réponse de l'équipe: miser sur la simplicité radicale et la viralité organique, en faisant de la première demi-minute d'usage le moment décisif — celui où l'utilisateur doit percevoir la promesse du produit pour rester.

Ce détail m'arrête, parce qu'il rejoint ce que j'observe chaque semaine en studio. La première impression d'un visuel n'est jamais neutre: elle déclenche un réflexe de confiance ou de rejet avant même que la typographie n'ait été lue. Gamma l'a compris en transformant cet émerveillement initial en principal vecteur de conversion.

Ce que ça change pour nos pratiques

Concrètement, l'arrivée de ces outils bouscule la commande. Beaucoup de clients arrivent aujourd'hui avec une « vision » déjà pré-maçonnée par l'IA — palette, mise en page, parfois même hiérarchie typographique. Le rôle du créateur d'identité ne disparaît pas, mais il glisse: il ne s'agit plus seulement de produire la forme, mais de tenir la cohérence quand le volume explose.

Gamma mise d'ailleurs sur cette horizontalité: ses usages vont du contenu client au reporting interne de chefs de produit, en passant par l'éducation. La plateforme ouvre de nouveaux bureaux à Londres et New York, multiplie les acquisitions de talents — notamment des acqui-hires — et cherche à financer ses investissements stratégiques.

La question qui reste ouverte

Reste alors la tension que je vois poindre dans chaque brief: jusqu'où déléguer la production visuelle à un outil qui promet la forme immédiate, sans risquer de diluer l'intention de marque? Je crois profondément que l'identité ne se loge pas dans le gabarit, mais dans le rythme, la respiration et les choix éditoriaux que l'outil, aussi malin soit-il, ne devine pas seul.

Quel est votre seuil, dans votre pratique, entre l'efficacité d'un générateur et la signature que vous tenez à garder?

Autres actualités

Actualité

Vial