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Nouveaux standards graphiques de l'UE pour identifier les contenus générés par l'IA

L'Union européenne vient de publier, à travers la Commission européenne, les fichiers officiels d'un nouveau jeu d'icônes destiné à signaler les contenus générés ou manipulés par l'IA.

mis à jour 09 août 2026

Nouveaux standards graphiques de l'UE pour identifier les contenus générés par l'IA

Pour nous, créateurs et gardiens d'identités visuelles, ce n'est pas une simple mesure de conformité: c'est un vocabulaire graphique qui entre dans nos compositions, qu'on le veuille ou non. Autant le comprendre avant de le subir.

Quatre variantes, un langage universel

Ce qui frappe en ouvrant les fichiers, c'est la sobriété du système. Quatre variantes seulement — noir, blanc, noir à 50 % de transparence, blanc à 50 % de transparence — livrées en SVG et PNG. Pas de gradients, pas d'effets, pas de mode clair/sombre sophistiqué: une logique qui s'imprime dans n'importe quel contexte sans crier sa présence.

C'est un choix typographique au sens large. L'icône respire, elle a du rythme dans ses pleins et ses déliés, et elle accepte d'être posée à côté d'une étiquette textuelle sans se faire manger par elle. Cette humilité visuelle, c'est précisément ce qui la rend réutilisable: elle ne concurrence pas votre direction artistique, elle s'y dépose.

Ce que disent les tests, ce que cela change pour vos livrables

Les tests utilisateurs menés par la Commission montrent un point crucial: l'icône seule perd en lisibilité, mais dès qu'elle s'accompagne d'une étiquette de texte, la reconnaissance s'améliore sur toutes les mesures. Concrètement, la formule « voix générées avec [icône] » fonctionne mieux que l'icône isolée.

Pour nous, cela éclaire un réflexe à installer dès maintenant dans nos chartes: prévoir, pour chaque livrable mêlant IA et travail humain, une couche textuelle qui porte le sens. L'article 50, paragraphe 4, du règlement sur l'IA impose cette divulgation aux déployeurs de systèmes génératifs — et nous le devenons dès lors que nous utilisons ces systèmes pour produire ou modifier des images, sons ou textes destinés à être publiés.

Ce que je surveille dans vos prochains briefs

Deux cas méritent une attention particulière dans nos pratiques. D'abord, les contenus entièrement générés par l'IA, sans aucun élément ni contrôle éditorial humain: là, l'étiquetage s'impose sans nuance. Ensuite, les retouches partielles — un visage échangé dans une photographie authentique, un intérieur mis en scène par IA — qui tombent aussi sous l'obligation dès lors que le résultat peut être perçu comme réel.

En revanche, le règlement ménage des exceptions utiles à connaître: œuvres artistiques, satiriques ou fictives (la divulgation doit alors ne pas entraver la jouissance de l'œuvre), textes soumis à révision humaine avec responsabilité éditoriale assumée, ou encore usages autorisés pour détecter et poursuivre des infractions pénales.

Mon conseil, à intégrer dès le prochain brief client: poser la question « qui voit, qui signe, qui assume? » avant même de parler esthétique. La transparence ne se dessine pas après coup — elle fait partie du rythme de la composition.

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