Refonte d'identité visuelle : 5 enseignements tirés du projet Design102
L'agence gouvernementale britannique Design102 vient de refondre son identité après douze ans d'existence, et elle a eu la bonne idée de partager les cinq leçons qu'elle en a tirées.

Pour nous, créateurs de marques, c'est une fenêtre rare sur les coulisses d'un projet qui rejoint, point après point, les questionnements que je vois revenir dans chaque brief au studio. Voici ce qui mérite qu'on s'y arrête — et comment je le traduirais dans ma propre pratique.
Commencer par la question « qui sommes-nous »
Avant même d'évoquer une couleur ou une typo, Design102 a pris le temps d'un travail de fond: recherche, clarification de sa raison d'être, définition de sa vision et de la personnalité qu'elle souhaite transmettre. C'est exactement ce que je répète à mes clients au démarrage — le visuel ne vient qu'en dernier, une fois le propos ancré. Sans cette étape, vous risquez de produire une identité flatteuse pour l'œil mais vide de sens pour celles et ceux qui la rencontrent. La marque doit d'abord dire quelque chose, avant de chercher à « avoir l'air » de quelque chose. Cette posture change tout: le logo n'est plus une coquetterie, il devient la signature d'un propos tenu.
Dessiner pour le bon écran
Design102 le martèle avec raison: votre audience découvre rarement votre marque sur une carte de visite. C'est sur un téléphone, un site, un fil social qu'elle vous voit pour la première fois. Cette conviction a guidé chaque décision de la refonte — du rythme des composants à la lisibilité sur petit écran, de la motion aux contenus sociaux. Une identité pensée pour plier, s'adapter et scaler dès le départ sera bien plus résiliente au fil des canaux. Si vos déclinaisons naissent encore depuis la papeterie, retournez le processus: partez des écrans, puis glissez vers le print. Cela ne signifie pas négliger le papier, mais bien lui redonner sa juste place, comme un prolongement et non un point de départ.
Typographie et couleur: les vrais choix de marque
Le passage à la police Inter n'a rien d'un caprice esthétique — il a été dicté par l'accessibilité, l'utilisabilité et la personnalité recherchée. Trop souvent, la typo arrive en bout de course, comme une note de bas de page visuelle. Or elle porte le ton, la respiration et la densité même de votre message. Inter offre une lisibilité remarquable tout en conservant une silhouette contemporaine — exactement ce qu'exige une marque publique appelée à parler à tous les publics. Le jaune canari choisi comme couleur primaire illustre le même équilibre: une teinte qui assume la personnalité sans sacrifier la lisibilité, pensée pour tenir aussi bien sur écran qu'en impression. Une couleur « jolie » ne suffit pas, elle doit fonctionner partout où votre marque respire. C'est ce dosage entre émotion et fonction qui fait la force d'une charte pensée pour durer.