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Faut-il vraiment tout changer à la rentrée ou garder le cap ?

Selon l'enquête menée par Creative Boom auprès de sa communauté de designers et créatifs indépendants, ce phénomène a même un nom officieux dans leur studio — la « New Pencil Case Energy ».

mis à jour 02 septembre 2026

Faut-il vraiment tout changer à la rentrée ou garder le cap ?

Chaque année, à la même période, je vois arriver dans mon atelier des créatifs avec la même énergie un peu fiévreuse: septembre déclenche chez eux une envie pressante de tout refaire. Nouveau logo, nouvelle bio, parfois même nouveau nom. Selon l'enquête menée par Creative Boom auprès de sa communauté de designers et créatifs indépendants, ce phénomène a même un nom officieux dans leur studio — la « New Pencil Case Energy ». Mais derrière cet enthousiasme se cache souvent une confusion qu'il vaut la peine de décortiquer, surtout quand le carnet de commandes n'est pas exactement celui qu'on espère.

Le piège du « nouveau cartable »

Une créative anonyme interrogée par la rédaction racontait avoir passé une semaine entière à redessiner son portfolio et à réécrire son identité, avant de réaliser que ce projet absorbant lui évitait surtout de pitcher auprès de vrais prospects. L'élan créatif devient alors un refuge confortable — l'impression de produire sans affronter la vraie pente.

C'est précisément ce que relève Samantha Garner, autrice et conseillère créative, dans la même enquête: la vraie question n'est pas « est-ce que je veux changer? » mais « est-ce que je vais vers quelque chose, ou est-ce que je fuis quelque chose? ». Ennui, anxiété, FOMO de rentrée — les motivations se ressemblent en surface, mais elles ne se soignent pas du tout de la même manière.

Vos clients vous voient mieux que vous

Caroline Addison, fondatrice du studio England's North, glisse une autre remarque qui m'a arrêtée net: les créatifs se lassent de leur marque bien avant leur audience. Combien de rebranding ont été annulés quelques mois plus tard, justement parce que le public venait tout juste d'accrocher à l'ancien visage?

Si vous n'avez pas de raison franche et identifiable — un virage de carrière, une spécialisation sectorielle nouvelle, une identité bâclée à la hâte lors d'un lancement trop rapide — la réponse la plus sage tient en un mot: la respiration. Pas une refonte, un rafraîchissement. On ajuste la typographie, on retravaille la palette, on affine la voix. On garde l'ossature, on change la texture et le rythme — et l'on évite de jeter ce qui fonctionne déjà.

Avant d'ouvrir Illustrator

Je vois régulièrement cette pulsion de septembre débarquer dans mes propres projets: la tentation de tout raser pour recommencer à zéro. Mon expérience m'a appris qu'un projet imparfait mais vivant vaut presque toujours mieux qu'un projet idéalisé qu'on n'envoie jamais.

Alors, avant d'ouvrir votre logiciel, posez-vous la question: ce que vous voulez changer, est-ce que vos clients le voient aussi? Si la réponse est non, votre marque n'a probablement pas besoin d'un lifting — elle a surtout besoin qu'on la laisse travailler, et qu'on regarde le monde en face plutôt que son reflet dans la glace du nouvel an graphique.

Et vous, est-ce que cette rentrée vous donne envie de tout réinventer, ou de simplement réajuster?

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