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Pourquoi la nouvelle identité visuelle d'Edgecore est une leçon de stratégie

Selon Yahoo Finance et Lincoln Journal, Edgecore vient de lever le voile sur sa nouvelle identité visuelle — et ce simple fait mérite qu'on s'y arrête, même sans avoir vu le logo final sous toutes ses coutures.

mis à jour 16 août 2026

Pourquoi la nouvelle identité visuelle d'Edgecore est une leçon de stratégie

Pour nous, designers, c'est un rappel utile: avant de juger une refonte sur ses seuls visuels, il faut d'abord se demander ce qu'elle promet, à qui elle le promet, et dans quel tempo elle choisit de le faire.

Le peu que l'on sait, et pourquoi ce peu compte

Les deux sources relayent l'annonce avec un titre identique et un corps très court: Edgecore a dévoilé une nouvelle identité visuelle. Pas de palette détaillée, pas de Manifeste, pas de chiffres sur les budgets engagés, pas de calendrier de déploiement. Ce silence est en fait très parlant. Une marque qui choisit de refaire son image travaille presque toujours en trois temps bien distincts: on évoque d'abord l'intention, puis on montre le système graphique dans ses grandes lignes, et seulement après viennent les déclinaisons fines sur les supports physiques et numériques. Tant que nous n'avons accès qu'au premier temps, le plus sage — et le plus honnête — est de résister à l'envie de commenter un visuel qu'on n'a pas encore sous les yeux, et de regarder plutôt la manière dont la promesse est formulée.

Ce que ce type de refonte nous enseigne sur notre propre pratique

Je vois régulièrement en studio des entrepreneurs qui confondent "nouvelle identité" et "nouveau logo". Une refonte sérieuse, celle qui tient vraiment dans le temps, articule en réalité trois couches qui doivent se répondre et se renforcer. D'abord la texture: le grain des aplats, le choix photographique, la typographie de titrage, la matière du papier si elle existe encore — c'est le toucher de la marque, ce qu'on perçoit avant même de lire. Ensuite le rythme: la respiration entre les éléments, la répétition ou la rupture dans les mises en page, la cadence des publications — c'est le tempo, et c'est souvent ce qui distingue une marque vivante d'une marque figée. Enfin la tension visuelle: ce qui capte l'œil en premier, ce qui le retient en second, ce qui le laisse repartir avec une impression nette — c'est la promesse. Sans connaître encore les choix précis d'Edgecore, le simple fait qu'ils prennent la parole publiquement sur leur identité, à un moment où le marché devient plus bruyant que jamais, signale qu'ils cherchent à installer une lecture plus claire et plus stable de leur positionnement.

Et vous, par où commencer dès cette semaine?

Plutôt que d'attendre la version "définitive" d'Edgecore pour réagir, je vous propose un exercice simple que je donne à mes clients au tout début de chaque refonte. Ouvrez votre dernier document de présentation, votre page d'accueil, votre profil LinkedIn, votre dernière affiche — et montrez-les à quelqu'un qui ne connaît pas du tout votre activité. Si cette personne ne peut pas dire en moins de dix secondes ce que vous faites et pourquoi vous le faites différemment, ce n'est pas un problème de logo ni de couleurs: c'est un problème d'identité au sens profond. Et avant de refaire les formes, il faut refaire le fond — c'est-à-dire la phrase que vous voulez que vos visiteurs se répètent en partant.

Alors, en regardant votre propre langage graphique avec cet œil neuf, qu'est-ce qui vous semble le plus urgent à revoir dès maintenant: la texture, le rythme, ou la promesse?

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