Refonte visuelle de LSM : les enjeux d'une identité de marque moderne
Le média letton LSM vient de dévoiler sa nouvelle identité visuelle, comme l'a annoncé la rédaction sur son site.

Pour nous qui façonnons des marques au quotidien, chaque refonte institutionnelle est une invitation à observer comment une maison assume son héritage tout en dessinant son avenir. C'est précisément ce dialogue qui m'occupe aujourd'hui.
Quand une marque installée change de peau
Dans mon studio, j'ai accompagné plusieurs institutions confrontées au même défi que LSM: rester reconnaissable tout en dépoussiérant leurs codes. Je me souviens d'une maison culturelle qui hésitait entre rupture totale et continuité visuelle. On a finalement travaillé la tension entre les deux — conserver la texture du logotype historique, mais ouvrir le rythme typographique pour laisser respirer la composition. Ce sont ces micro-décisions qui font qu'une refonte se voit sans se remarque.
Pour LSM, l'enjeu est probablement celui-là: incarner la crédibilité d'un service médiatique tout en s'adressant à une audience contemporaine. L'annonce officielle, restée succincte, ne nous permet pas d'entrer dans les détails graphiques. Mais ce silence momentané nous rappelle une vérité essentielle: une identité visuelle n'est jamais un simple décor. C'est une promesse faite au lecteur, à chaque apparition à l'écran, à chaque signature imprimée.
L'identité comme sujet d'art visuel: le Festival Onidiri
Pendant que LSM revoit son image, d'autres explorent l'identité sous un angle inattendu. Comme le rapporte The Sun Nigeria, le Festival Onidiri a accueilli le samedi 22 août une exposition intitulée Roots, Rhythm and Revolution. Pensée par les commissaires Ife Olowu, Kikelomo Ayeni-Solomon et Favour Ben, et pilotée par Red19 Creatives CIC, elle rassemble photographie, sculpture, mode, peinture et pratiques mixtes pour interroger le cheveu africain comme marqueur de mémoire et de transmission culturelle.
Ce qui m'a frappée en parcourant le programme, c'est la résonance avec notre propre travail. Photographier une coiffure tressée ou composer un logotype, c'est au fond le même geste: organiser des formes pour que l'identité tienne debout dans le regard de l'autre. L'exposition découpe son sujet en trois temps — les Roots pour l'ancestralité, le Rhythm pour la transmission, la Revolution pour la réinvention. Une structure que je retrouve souvent dans mes briefs, sans jamais l'expliciter aussi clairement.
Ce que je garde pour mes prochains projets
Une refonte comme celle de LSM, même quand on n'en connaît pas tous les détails, invite à trois questions pratiques à poser dès le premier atelier client:
- Quel élément de l'identité actuelle doit absolument survivre à la refonte?
- Où se situe le point de tension entre conservation et renouveau?
- Comment le nouveau système graphique se déclinera-t-il dans cinq ans, sur des supports qu'on ne maîtrise pas encore?
Je vous invite à observer attentivement la nouvelle identité de LSM — et, surtout, à vous demander ce qu'elle raconte vraiment de la maison qu'elle habille. Une identité réussie se reconnaît à ceci: on n'a pas besoin de la décrypter pour la ressentir. Alors, quelle refonte aimeriez-vous voir traitée avec cette patience?