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Identité visuelle : faut-il privilégier un symbole unique ou un système modulaire ?

Le Cégep André-Laurendeau amorce le déploiement d'une identité visuelle renouvelée à l'approche du 50e anniversaire de son immeuble principal, prévu à l'automne 2026, comme le rapporte Nouvelles d'Ici.

mis à jour 06 août 2026

Identité visuelle : faut-il privilégier un symbole unique ou un système modulaire ?

Le mouvement surgit en parallèle d'une démarche diamétralement opposée, documentée par Creative Bloq: le Berlin Museum (anciennement Stadtmuseum Berlin) abandonne tout signe unique au profit d'un système pouvant générer jusqu'à 81 wordmarks. Pour nous, designers, l'écart entre ces deux décisions pose une question opérationnelle directe: à quel moment la cohérence graphique cesse-t-elle d'être un cadre, et à quel moment un système modulaire devient-il une dilution de marque?

Deux logiques opposées, deux contextes différents

L'établissement collégial a opté pour un symbole unique construit à partir de lignes continues et entrecroisées, pensé pour incarner la progression et les rencontres du parcours collégial. L'acronyme CAL (Cégep André-Laurendeau), déjà employé par la communauté, sert d'ancrage lexical. La palette se limite à deux teintes: l'orange — énergie, créativité, engagement — et le bleu marine — confiance, stabilité, professionnalisme. Le choix final a émergé d'une consultation interne entre deux propositions.

Le Berlin Museum suit la logique inverse. Aucune typographie propriétaire, aucun signe figé: chaque rafraîchissement de page assemble deux fontes tirées d'un pool de neuf, signé Stan Hema. La direction artistique revendique ce parti pris pour refléter la nature décentralisée d'une institution répartie sur plusieurs sites, et la diversité des récits berlinois qu'elle abrite.

Ce qu'un designer doit vérifier avant de trancher

Trois critères séparent un système identitaire fonctionnel d'un dispositif ingérable:

1. Centralité de l'émetteur. Une organisation mono-site gagne à verrouiller son signe: la friction de reconnaissance disparaît, l'affordance du logo joue à plein. Une fondation éclatée sur plusieurs lieux peut assumer la fragmentation — à condition de l'assumer jusqu'au bout.

2. Coût de déploiement. Le Cégep prévoit un déploiement progressif sur l'ensemble de ses supports — un coût de temps, pas de production graphique. Un système à 81 combinaisons exige en revanche des règles typographiques strictes et une gouvernance continue, sinon la marque se dilue dès la première campagne.

3. Lisibilité cross-supports. Le symbole du Cégep est décrit comme simple, fort et flexible selon les contextes. Le wordmark berlinois mise sur la surprise: il perd en reconnaissance immédiate ce qu'il gagne en expressivité. Sur formats contraints (favicon, signalétique, broderie textile), la modularité se transforme vite en friction.

Ce qu'il faut surveiller dans les prochains mois

Le déploiement progressif du Cégep donnera une mesure concrète de la solidité du système sur les supports physiques et numériques. La direction signale déjà des identités sectorielles préexistantes (Bibliothèque, Formation continue) — un indicateur positif de cohérence, mais aussi un point de vigilance: sans charte transversale stricte, les sous-marques dérivent. À l'automne 2026, le test portera sur la tenue de l'ensemble à l'échelle du campus rénové.

Pour le Berlin Museum, l'indicateur clé sera la fréquence de rotation du site et la stabilité des combinaisons retenues dans les communications institutionnelles. Une marque sans signe fixe n'existe que par la rigueur de sa maintenance.

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