L'art de créer une identité visuelle cohérente pour la gamme Orzo de Création Délicia
On me dit souvent, en atelier, qu'un produit alimentaire se « vend » par son étiquette. Erreur de perception visuelle fréquente: ce qui signe vraiment une gamme, c'est moins le packaging que la respiration commune entre chaque visuel.

Le mandat confié par Création Délicia à Annie Bigras, de Pure Perception, en est un exemple parlant.
Quatre recettes, une seule famille
L'Orzo original faisait déjà partie de la famille. Cette fois, le défi s'élargit: mettre en images trois nouvelles saveurs — Minestrone, Tricolor et Risotto aux champignons — qui viennent compléter la gamme, sans rompre le fil visuel déjà tissé. Chaque saveur a été photographiée individuellement, et une image de famille réunit les quatre produits. Le mandat s'étend aussi aux sirops et sucres de dattes de la marque, dont les nouvelles photos viennent enrichir la banque d'images.
Pour moi qui dirige souvent ce type de séances, c'est un brief qui demande de la rigueur sans raideur. La direction artistique, confiée à Pierre-Emmanuel Messier de l'Agence Minimal, devait tenir un cap précis: laisser chaque recette montrer sa texture propre — la densité du minestrone, les grains du risotto, les nuances du tricolore — tout en gardant une grammaire commune à l'ensemble de la marque.
La texture comme langage de marque
L'approche mise de l'avant parle de fraîcheur et de texture. Concrètement, cela passe par un choix de lumière qui révèle la matière plutôt qu'elle ne la lisse, un cadrage qui laisse chaque recette respirer, une palette qui ne sature pas les couleurs naturelles des aliments.
Je vois trop souvent des marques alimentaires photographier leurs produits comme des objets inertes. Ici, le geste photographique cherche plutôt à transmettre la sensation de la recette — sa chaleur, son grain, son épaisseur. C'est un travail d'équilibre: assez de stylisme pour que le produit reste appétissant, assez de vérité pour que la cohérence de marque tienne dans la durée et survive au passage du studio à l'écran.
Ce que je vais suivre de près
Les visuels seront déployés sur le site web et les plateformes sociales de Création Délicia. La vraie épreuve commence à ce moment-là: comment une image de famille, pensée en studio, survit-elle à un écran de téléphone et à la compression d'un fil Instagram? La texture lue en grand format passe-t-elle encore quand l'image devient vignette? Et le rythme entre les quatre produits tient-il quand on les fait défiler un à un?
C'est la question que je pose à chaque projet de gamme qui s'élargit: où tracez-vous la ligne entre l'unité d'une identité et la personnalité de chaque produit? Et comment testez-vous cette cohérence une fois les visuels sortis du studio, dans la vraie vie d'un fil d'actualité?