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Louis Torres : le graphiste berrichon derrière le nouveau logo des Bleus

Et c'est précisément là que commence le vrai travail, comme le raconte Louis Torres à ICI — ce jeune graphiste berrichon de 33 ans, né à Bourges et grandi à Berry-Bouy, qui faisait partie du studio…

mis à jour 10 août 2026

Louis Torres : le graphiste berrichon derrière le nouveau logo des Bleus

Il y a quelque chose de presque dérangeant quand on découvre un logo comme celui-ci: tout le monde le voit, presque personne ne le regarde vraiment. D'un coup d'œil, le coq rediseau des Bleus paraît simple, évident, comme s'il avait toujours été là. Et c'est précisément là que commence le vrai travail, comme le raconte Louis Torres à ICI — ce jeune graphiste berrichon de 33 ans, né à Bourges et grandi à Berry-Bouy, qui faisait partie du studio Solstices lorsque la Fédération française de football a retenu sa proposition pour redessiner ce symbole.

Le logo a été officiellement révélé le 29 juillet 2026, dans la foulée de la nomination de Zinédine Zidane comme sélectionneur. Ce n'est pas un hasard de calendrier: l'identité visuelle d'une équipe nationale se pense dans le même souffle que sa nouvelle ère sportive. Les deux décisions se répondent.

Le paradoxe du trait qui paraît simple

Louis Torres le dit avec cette humilité qui sent le vécu d'atelier: « Pour arriver à quelque chose d'aussi simple, il faut plusieurs mois de réflexion, d'échanges et d'ajustements. » Ce qui me touche dans son témoignage, c'est la liste qu'il déroule — posture, proportions, crête, plumes, courbes, espacements, direction du regard. On croirait un sculpteur décrivant un visage, pas un graphiste empilant des formes. C'est exactement ce que j'observe dans mon propre studio: un signe qui paraît couler de source a souvent traversé des dizaines, parfois des centaines de versions. La simplicité n'est jamais un point de départ, c'est un point d'arrivée. Et chaque plume effacée, c'est une respiration de plus dans le dessin final.

Ce qu'on retient pour nos propres projets

Vous qui me lisez, retenez deux choses. D'abord, le pouvoir du détail invisible: ce qui rend un logo inoubliable, ce n'est jamais le geste spectaculaire, c'est la justesse des micro-décisions accumulées, celles qu'on ne remarque pas consciemment mais qui installent la bonne tension visuelle. Ensuite, la nécessité de porter un tel projet à plusieurs — Louis Torres n'a pas signé seul, il faisait partie du studio Solstices, à Paris, onze personnes qui ont porté le mandat ensemble. Et puis il y a cette phrase qui me bouleverse: « C'est un peu le projet d'une vie. » À 33 ans. La preuve que les plus beaux mandats ne sont pas forcément les plus longs, mais ceux où l'on se reconnaît entièrement.

Ce qu'il faut maintenant observer

Ce qui m'intrigue désormais, ce n'est plus le coq seul — c'est tout ce qui va vivre autour. Louis Torres le dit mieux que moi: « Voir l'identité globale vivre, pas que le coq, parce qu'il y a aussi tout le travail de supports de communication lors des matchs. » Les déclinaisons sur les maillots, la signalétique du stade, les animations, la typographie d'accompagnement — c'est là qu'un signe se confirme ou se délite. Le coq ne portera pas Mbappé, Olise, Dembélé, Doué et Zidane tout seul; il portera surtout tout l'écosystème graphique qu'on construira autour de lui.

Je vous pose la question que je pose souvent à mes clients: si l'on masquait votre logo demain, est-ce que l'univers graphique autour tiendrait encore debout? Pour les Bleus, la réponse se dessinera maillot après maillot. Pour vous, elle peut se dessiner aujourd'hui.

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