L'identité visuelle de The Rampant Club : quand l'héraldique se modernise
C'est sur Brand New que mon œil s'est posé ce mois-ci: l'agence M — N Associates signe la nouvelle identité visuelle et le logotype de The Rampant Club, en mariant, comme le rapporte le projet, des…

Quand l'héraldique contemporaine devient un parti pris identitaire
C'est sur Brand New que mon œil s'est posé ce mois-ci: l'agence M — N Associates signe la nouvelle identité visuelle et le logotype de The Rampant Club, en mariant, comme le rapporte le projet, des codes héraldiques à une typographie contemporaine pensée pour les espaces lounge et sportifs de l'établissement. Un sujet qui me touche directement, parce qu'il illustre exactement ce que je défends dans mon studio: une marque forte ne se décrète pas, elle se travaille comme une pièce d'artisanat, avec ses tensions, ses respirations et ses héritages assumés.
Le blason, matière vivante
J'ai souvent vu des marques tomber dans le piège du blason « pour faire sérieux »: écusson figé, typography rigide, couleurs saturées, et au final, rien qui ne respire. Ce qui m'intéresse dans le travail de M — N Associates, d'après ce qui est présenté, c'est cette envie de réinjecter de la texture et du rythme dans un langage visuel qui se prête si bien à l'académisme. Travailler des codes héraldiques en 2026, ce n'est pas un repli nostalgique; c'est un choix stratégique pour des lieux hybrides — lounge, sport, hospitalité — qui doivent incarner à la fois la tradition d'un club et l'énergie d'un espace contemporain.
Concrètement, cela suppose des itérations longues: choix d'un monogramme qui garde la noblesse de la lettre capitale sans écraser l'œil, définition d'une palette qui dialogue avec l'architecture intérieure, hiérarchie typographique capable de fonctionner aussi bien sur une enseigne gravée que sur un écran mobile. Ce sont ces détails — la respiration entre deux jambages, la tension visuelle d'un contre-poinçon, l'équilibre d'un contraste de graisse — qui font qu'un blason survit à dix ans de signalétique sans prendre une ride.
Ce que je retiens pour mes propres briefs
Vous travaillez sur l'identité d'un lieu à double vocation, qu'elle soit culturelle, sportive ou lifestyle? Trois réflexes que ce projet me rappelle, et que je partage volontiers.
D'abord, ne jamais opposer héritage et modernité: les deux se nourrissent, à condition de poser un pourquoi clair. Pourquoi ce blason? Quelle histoire raconte-t-il au visiteur dès la première seconde? Sans cette question, le symbole devient décor. Ensuite, tester la typographie dans tous les contextes: enseigne, carte de membre, écran, broderie sur textile sportif, marquage au sol. Une lettre dessinée pour le beau ne survit pas toujours à un support inattendu. Enfin, garder la main sur le rythme: un système identitaire réussi se reconnaît à la cadence qu'il impose — entre pleins et déliés, entre réserve et aplat — et c'est cette cadence que l'œil retient avant même de lire le nom.
Je suis curieuse de voir comment M — N Associates articulera ce système sur le long terme, et surtout comment The Rampant Club fera vivre ce blason au quotidien, bien au-delà du lancement. Et vous, dans vos propres projets, où placez-vous la frontière entre héritage assumé et reinvention?