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L'UQAT redéfinit son image de marque : une stratégie visuelle au service de son héritage

Sous une lumière de fin d'été, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a levé le voile sur une identité graphique entièrement repensée.

mis à jour 19 août 2026

L'UQAT redéfinit son image de marque : une stratégie visuelle au service de son héritage

Dévoilée le 18 août à Rouyn-Noranda, la plateforme de marque, conçue avec le studio Principal, ne se contente pas de rafraîchir un logo: elle reconfigure un récit visuel autour d'une posture, celle d'une « université des bâtisseuses et des bâtisseurs ». Pour nous, qui observons ces chantiers de marque comme d'autres suivent des chantiers architecturaux, cette sortie est une étude de cas à décortiquer — d'autant que la démarche mêle consultation communautaire, stratégie numérique et attention fine aux détails typographiques.

Une logique de construction plutôt qu'un simple lifting

Ce qui me frappe d'abord, c'est la cohérence du vocabulaire. On parle de « revitalisation », de « plateforme graphique », de « composantes normées », et le recteur Vincent Rousson résume la posture en confiant que l'identité a été pensée pour être « à la fois souple et durable ». Derrière cette promesse, une intention claire: répondre à des enjeux stratégiques identifiés dès la planification, sans céder à la tentation du effet d'annonce. Cette rigueur m'évoque ces briefs clients où l'on m'explique, dès le premier rendez-vous, que la marque doit traverser dix ans d'usages, du carton d'invitation au navigateur mobile. L'UQAT a posé ce cadre dès le départ, et tout le reste de la plateforme en découle logiquement.

Dans mon atelier, c'est souvent à cette étape que le projet bascule: quand la cliente ou le client accepte de nommer ses contraintes stratégiques (rayonnement, cohérence, performance numérique) plutôt que de demander « un logo plus moderne ». Le résultat change du tout au tout, et la plateforme de l'UQAT en est l'illustration.

Le détail qui bâtit l'ensemble

J'aime m'arrêter sur les choix techniques, parce que c'est là que se joue la longévité d'une marque. L'équipe a épaissi et resserré les lettres du sigle pour gagner en solidité visuelle — un ajustement subtil qui améliore la lisibilité sur petits écrans sans alourdir le caractère. La couleur orange, déjà « emblématique et largement appréciée », reste l'ancre émotionnelle, secondée par des teintes secondaires inspirées du territoire. Et surtout, le « A » du logo fait un travail remarquable: il évoque à la fois le tipi et l'idée d'une charpente, telle une structure où l'on se retrouve. Cette double lecture, organique et architecturale, n'arrive pas par hasard; elle est le fruit du travail d'itération qu'on mène en studio quand un symbole doit porter plusieurs récits en même temps.

Le déploiement prévoit aussi une version monochrome du logo, pensée comme un point d'unité entre les différents territoires d'ancrage de l'institution. Côté typo, un duo distinctif « allie impact et crédibilité » — et il est complété par des textures qui rappellent l'Abitibi-Témiscamingue, ainsi que des formes dérivées directement des lettres du sigle. Voilà exactement le genre d'écosystème graphique qui permet, ensuite, de décliner la marque sur des centaines de supports sans la diluer.

Ce que j'en retiens pour nos pratiques

La signature choisie, « UQAT. Bâtir ce qui vous habite. », s'appuie sur un manifeste et replace l'expérience humaine au centre. C'est un rappel utile: une plateforme de marque réussie ne se mesure pas à la beauté isolée de son symbole, mais à sa capacité à tenir une promesse dans le temps, sur tous les points de contact. Pour vos propres projets, la leçon de cette refonte tient en une question que je pose souvent en fin de mandat — et que je vous laisse emporter: vos choix graphiques racontent-ils encore la même histoire quand on les regarde sans le contexte du lancement?

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