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Comment OnePlus Studio transforme les désaccords créatifs en moteur d'identité visuelle

Mais ce que raconte OnePlus Studio dans un reportage récent signé Creative Boom invite à repenser entièrement cette idée: leur collectif de quatre designers milanais a fait de la friction interne le…

mis à jour 17 août 2026

Comment OnePlus Studio transforme les désaccords créatifs en moteur d'identité visuelle

On imagine souvent qu'une bonne collaboration créative repose sur l'entente cordiale — quatre regards qui s'accordent, un consensus qui coule de source. Mais ce que raconte OnePlus Studio dans un reportage récent signé Creative Boom invite à repenser entièrement cette idée: leur collectif de quatre designers milanais a fait de la friction interne le cœur battant de ses projets de branding et d'identité de marque. Pour nous qui façonnons des marques au quotidien, voir un studio assumer ouvertement le désaccord comme matière première n'a rien d'anodin.

Quatre parcours dans la même salle

Ce qui frappe d'emblée chez OnePlus Studio, c'est que ces quatre-là — Matteo, Pietro, Giovanni et Aaron — n'auraient jamais dû fonctionner ensemble. Sur le papier, leurs parcours diffèrent tellement que la formule paraît risquée. Ils se sont rencontrés sur les bancs de l'université, dans une salle partagée où la promiscuité a rapidement transformé la bonne entente en émulation, puis en rivalité. Cette tension-là ne s'est pas dissoute après les diplômes. Au contraire: le groupe s'est volontairement dispersé — certains à Milan, d'autres en stage à l'étranger — avant que leurs histoires individuelles ne les ramènent, presque naturellement, vers un même atelier.

Plutôt que d'aplanir ces différences pour fabriquer un style maison lisse, le studio les cultive. Hip-hop, cinéma d'auteur, écriture graffiti, analyse obsessionnelle des pochettes de disques, lectures, voyages — tout finit dans le même chaudron, et c'est précisément cette collision entre mondes qui nourrit chaque projet.

Quand le processus respire

Concrètement, OnePlus Studio revendique un démarrage lent et circulaire. Avant de produire la moindre piste visuelle, l'équipe creuse, tourne autour du sujet, revient en arrière, recommence parfois à zéro. Cette phase d'exploration curieuse résiste à l'envie de répondre trop vite au brief. Une fois la matière comprise, le passage au visuel peut être douloureux, frustrant — ou, au contraire, arriver avec une évidence organique. Dans les deux cas, rien ne sort sans avoir été challengé.

Le filtre reste collectif: chaque idée doit survivre au regard critique des quatre associés. Si quelque chose de meilleur émerge d'une autre main, le travail gagne. Une discipline qui protège autant le projet que l'ego de chacun, et qui rend possible une vraie confiance dans la durée.

Ce que cela change dans nos propres studios

Ce qui m'a particulièrement touchée dans leur témoignage, c'est la manière dont ils abordent le branding comme un système vivant plutôt que comme un logo suivi d'un template. Leur identité pour le bar à tapas Balay, par exemple, a été pensée comme un ensemble cohérent capable de garder une personnalité forte tout en restant assez souple pour respirer sur des applications variées. Pour NEIT Whiskey, leur projet en cours s'articule autour de l'idée récurrente « In Good Company » — chaque chapitre doit se sentir distinct tout en appartenant au même univers.

En lisant leur processus, je me suis demandé combien de nos propres briefs nous précipitons en sautant cette phase de friction lente. Et vous, dans vos prochaines collaborations ou face à vos clients, quelle place laissez-vous vraiment au désaccord constructif — ou est-ce une zone que vous évitez encore, par peur de briser l'élan?

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AJ Bell