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TBWA\ revoit son identité visuelle pour remettre l'humain au cœur de son design

La Réclame rapporte que le réseau d’agences TBWA\ a dévoilé une nouvelle identité visuelle mondiale, nourrie par la touche humaine, la typographie patrimoniale et une iconographie artisanale.

mis à jour 05 août 2026

TBWA\ revoit son identité visuelle pour remettre l'humain au cœur de son design

Pour une agence de création, ce choix est intéressant parce qu’il déplace le regard: l’identité ne cherche pas seulement à signaler une rupture, elle semble vouloir conserver une part de geste, de matière et de proximité. C’est une piste précieuse pour les marques qui craignent qu’un système trop lisse finisse par effacer leur personnalité.

Quand le « disruptif » retrouve une respiration humaine

Dans mon studio, je rencontre souvent la même erreur de perception: on confond une identité contemporaine avec une identité froide, puis une identité expressive avec une identité désordonnée. Or la tension visuelle peut être beaucoup plus subtile. Elle se construit dans le rythme des lettres, dans l’équilibre entre une forme reconnaissable et un détail moins attendu, dans la respiration laissée autour des signes.

Le repositionnement visuel de TBWA\ s’inscrit précisément dans cette zone de dialogue. D’un côté, MediaNews4U présente la nouvelle identité de DXD comme une expression de la philosophie « Design by Disruption ». De l’autre, la description publiée par La Réclame insiste sur des références plus sensibles: une touche humaine, une typographie patrimoniale et une iconographie artisanale. Même sans disposer du système complet, on comprend l’intention: faire cohabiter l’idée de rupture avec des éléments qui portent une mémoire et une irrégularité perceptible.

Pour une marque, c’est une distinction essentielle. Une typographie patrimoniale ne signifie pas nécessairement nostalgie, pas plus qu’une iconographie artisanale ne condamne un univers à paraître ancien. Tout dépend de l’échelle, de la texture visuelle et de la manière dont ces composants sont associés à des usages actuels.

Ce que cette évolution invite à vérifier

Le premier point à observer n’est pas le logo isolé, mais la cohérence du système. Une identité inspirée par le geste humain doit pouvoir respirer sur plusieurs supports sans perdre son équilibre: présentation d’agence, interface web, campagne, document commercial ou réseau social. La question pratique est simple: les signes restent-ils lisibles lorsque l’espace, le rythme ou la taille changent?

Le deuxième point concerne la tension entre héritage et mouvement. Une typographie à caractère patrimonial peut donner de la profondeur, mais elle doit être accompagnée avec précision. Si chaque élément veut raconter une histoire, l’ensemble risque de devenir bruyant. À l’inverse, une iconographie artisanale utilisée avec retenue peut introduire cette chaleur que les identités très standardisées peinent parfois à transmettre.

Enfin, il faut regarder ce que le système autorise aux équipes. Une bonne identité ne se contente pas d’être séduisante lors de sa présentation: elle donne assez de latitude pour créer, composer et adapter. Pour les clients qui envisagent une refonte, c’est sans doute le point le plus utile à retenir de l’annonce TBWA\: ne pas demander seulement « à quoi cela ressemble? », mais aussi « quel type de création cette identité rend-elle possible? ».

Une piste pour les marques en quête de caractère

Cette orientation rappelle qu’une identité visuelle peut être distinctive sans multiplier les effets. La matière, la cadence typographique et les écarts soigneusement dosés peuvent produire une présence plus durable qu’un signe spectaculaire, surtout lorsque la marque souhaite paraître accessible sans devenir générique.

Il serait prématuré d’en tirer des conclusions sur l’ensemble des applications de la nouvelle identité, puisque les éléments détaillés ne sont pas disponibles dans les informations publiées ici. Mais le principe annoncé ouvre une réflexion concrète pour tout projet de branding: où placer la part humaine? Dans la lettre, dans l’image, dans la composition, ou dans la possibilité laissée aux équipes de faire varier le système?

Quand vous regardez une identité qui se revendique à la fois disruptive et artisanale, qu’est-ce qui vous convainc le plus: la nouveauté du langage ou la qualité de sa respiration?

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