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L'Atelier Baudelaire : l'art de concevoir des identités visuelles sur mesure

D'après un portrait publié par Télérama, l'Atelier Baudelaire redonne ses lettres de noblesse au sur-mesure visuel.

mis à jour 13 septembre 2026

L'Atelier Baudelaire : l'art de concevoir des identités visuelles sur mesure

À sa tête, deux designeuses graphiques — Camille Baudelaire et Olivia Grandperrin — signent depuis plus de quinze ans des identités qui résistent au temps: Rennes Métropole, Halle Bernier, Théâtre de la Croix-Rousse. Pour toutes celles et ceux qui construisent une marque aujourd'hui, leur méthode raconte quelque chose d'essentiel: une identité ne se décrète pas, elle s'écoute, elle se travaille à deux voix.

Deux regards, un même tempo

Ce qui frappe, quand on parcourt leurs projets, c'est la diversité assumée des registres. Le livret rouge et blanc du musée de Cluny n'a rien à voir avec les grandes lettres noires du catalogue des quarante ans du Laac de Dunkerque — et c'est précisément le sujet. Camille, formée à l'École Estienne, à Duperré puis aux Arts déco de Paris, ouvre son atelier parisien en 2008 après une enfance solitaire passée à dessiner. Olivia, passée par les Arts déco de Strasbourg, les Pays-Bas et le Canada où elle devient directrice artistique d'un magazine, la rejoint en 2019. Depuis, Camille décrit leur fonctionnement en duo comme celui de deux acrobates en équilibre sur un fil, avec des plateaux dans les mains.

Ce qui me parle, dans cette image, c'est qu'elle dit tout de leur approche: pas de style imposé, pas de formule unique. Chaque commande — culture, santé, collectivités — appelle sa propre respiration, sa juste tension visuelle. Pour Rennes Métropole, leur logotype noir et blanc réinterprète le drapeau breton avec une sobriété qui suggère, sans le dire, que l'argent public ne sera pas gaspillé. Voilà un point qu'on oublie trop souvent quand on confie son identité: la forme porte aussi un discours de gouvernance.

La typographie comme acte de positionnement

Pour l'École supérieure d'art et de design de Reims, l'atelier est allé plus loin qu'une simple charte graphique: il a dessiné une typographie sur mesure, baptisée la Rémoise. Conçue avec la créatrice de caractères Eugénie Bidaut, ses lettres évoquent la machine à écrire avec une fantaisie supplémentaire, et surtout une attention aux alphabets dits « non-binaires », pensés pour être lus aussi bien au masculin qu'au féminin. La démarche fait écho à leur exposition « L'atelier des caractères », présentée à Chaumont en 2023, qui explorait par la datavisualisation la manière dont le marketing des produits pour enfants construit une identité genrée.

Pour les marques qui hésitent encore entre une identité générique et une création sur mesure, l'exemple vaut leçon: la typographie sur mesure n'est pas un caprice d'artisan, c'est un acte de positionnement. Elle porte ce que les mots seuls ne savent pas dire. Et c'est précisément là que le graphisme cesse d'être décor pour devenir manifeste.

Et vous, dans vos prochains projets, quelle part seriez-vous prête à laisser à la lenteur — et à l'écoute — avant la première esquisse?

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