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L'identité visuelle du London Design Festival 2026 par Pentagram : une leçon de design modulaire

Quand une agence comme Pentagram prend la parole pour un événement aussi scruté que le London Design Festival, on regarde toujours deux fois — pas seulement pour admirer, mais pour comprendre la mécanique.

mis à jour 16 septembre 2026

L'identité visuelle du London Design Festival 2026 par Pentagram : une leçon de design modulaire

C'est exactement ce que Domenic Lippa et son équipe viennent de proposer avec « Framing LDF », le concept visuel qui habillera l'édition 2026 du festival. Une signature qui mérite qu'on s'y attarde, parce qu'elle touche à une question que tout directeur artistique finit par se poser: comment habiller un événement sans écraser celles et ceux qui l'habitent déjà?

Un cadre qui libère, plutôt qu'un cadre qui enferme

Le parti pris annoncé par Pentagram tient en une image simple: une structure modulaire en cadre, associée au rouge emblématique qui signe historiquement le festival. Sur le papier, l'idée peut sembler presque trop évidente — un cadre, pour un festival qui met en scène des œuvres. Mais c'est justement là que la main du typographe se reconnaît. Lippa ne cherche pas à voler la vedette aux exposants: il propose un écrin graphique dont la mission est de mettre en valeur ce qu'on y pose.

Pour nous, praticiens du branding, c'est un rappel précieux. Trop d'identités événementielles pèsent sur leur propre signal: couleurs saturées, typographies envahissantes, accumulations de symboles. Ici, le cadre fait le travail inverse — il organise le regard, donne une respiration, crée un rythme visuel cohérent d'un panneau à l'autre, d'un programme à une affiche de rue. C'est de la hiérarchie typographique appliquée à l'échelle urbaine.

Ce que ce système nous apprend sur nos propres briefs

Derrière le geste créatif, il y a une vraie leçon de méthode. Un système modulaire, par définition, accepte la variation sans perdre son identité: on peut y insérer un nom d'exposant, une date, un lieu, sans que l'ensemble ne se délite. C'est exactement ce que je cherche à construire quand j'accompagne un client vers une charte — non pas un logo figé, mais une grammaire graphique qui laisse de la place aux contenus futurs.

La question que je pose systématiquement à mes clients à ce stade, c'est: « est-ce que votre identité pourra accueillir ce que vous n'avez pas encore imaginé? » Le système de Pentagram, par sa modularité, semble répondre oui. Le rouge, lui, agit comme fil rouge émotionnel — une couleur qui porte l'élan, la fête, l'énergie collective, sans avoir besoin d'être accompagnée de bruit visuel.

Ce que je vais surveiller de près

Maintenant, je suis curieuse de voir comment cette identité se traduira concrètement dans la signalétique physique, dans les supports digitaux, dans les publications du festival. Un système modulaire vit ou meurt dans ses détails d'exécution: la qualité du blanc tournant autour du cadre, la gestion des contrastes quand la photo d'une œuvre s'invite dans la composition, la tenue typographique sur un écran de téléphone comme sur un kakémono de trois mètres.

C'est d'ailleurs l'exercice que je vous propose de mener en parallèle si vous travaillez sur une identité de saison ou d'événement: prenez votre grille, et testez-la avec trois contenus très différents — un portrait, un paysage, un bloc de texte dense. Si votre cadre tient dans les trois cas sans forcer, vous tenez quelque chose de solide. Sinon, il reste du travail d'itération, et c'est tout à fait normal.

Reste une question que je vous laisse: à votre avis, jusqu'où peut-on pousser la logique du cadre avant qu'elle ne devienne un tic visuel? J'attends vos retours avec curiosité.

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